La famille Jouve a légué à la Fondation Calvet un fonds photographique exceptionnel, composé de plaques de verre et de tirages anciens, et qui témoigne d’une démarche moderne : la foi dans la puissance de l’image. Outre la beauté des clichés, ce fonds constitue un document rare et précieux sur l’évolution urbaine, l’état du patrimoine et les paysages de la fin du 19e et du début du 20e siècle. De plus, il traduit les pratiques sociales et les comportements d’une catégorie de la population à laquelle appartenaient les Jouve, la bourgeoisie : voyages, loisirs de plein air – pique-nique, vélo…, photographies d’intérieurs, mises en scène japonisantes d’Auguste Jouve…
Michel Jouve à vélo sur la route de Marseille, fonds Jouve
Là encore, l'interpénétration entre la vie privée des Jouve et la vie de leur cité est omniprésente.
Ainsi, Marie-Thérèse use de la photographie comme d’un outil privilégié de la mémoire. Le fonds du musée, couvrant la période 1894–1938, avec une forte densité dans les années 1898-1899, montre l’usage qu’elle faisait de la photographie, avec une grande quantité de clichés consacrés à l’urbanisme et l’architecture : anciens remparts de la ville, restauration de la chapelle Saint-Jacques ou de la cathédrale, places, rues et impasses, vues de la ville depuis la colline, découverte des inscriptions gallo-grecques,
hôpital en cours de destruction ou encore éléments de patrimoine menacés. Ainsi cette fenêtre à meneaux au sujet de laquelle elle écrit à son frère : « Je suis arrivée à temps pour photographier la plus importante, celle qui porte une date et un écusson […]. Les démarches que j’ai dû faire pour cette photographie n’ont pas été perdues, car le propriétaire modifiant un peu son plan, a décidé de ne pas la démolir… » (lettre de Marie-Thérèse à Michel Jouve, 14 décembre 1908).
Michel Jouve devant les remparts de Cavaillon, fonds Jouve