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Musées et Patrimoine de Cavaillon
La carrière

La carrière

Vue de la rue hébraïque en 1898 - Musée de Cavaillon Comme à Carpentras, Avignon ou l' Isle-de-Venisse - devenue L'isle-sur-la-Sorgue - la communauté juive de Cavaillon vit depuis 1624 dans un quartier à part, un ghetto. On l'appelle la carrière, du terme provençal qui signifie la rue. Cette situation d'exclusion et de tolérance mêlées, spécifique aux Etats du Pape, est connue par les textes à Cavaillon dès la fin du 15e siècle. C’est l’attestation la plus ancienne en Vaucluse et la seule encore lisible dans l'urbanisme des villes de l'ancien Comtat Venaissin.


La carrière était strictement délimitée : au sud, sur la rue Fabriciis, actuelle rue de la République se situait jusqu'au 18e siècle son unique entrée, fermée chaque nuit et à l'occasion des grandes fêtes religieuses chrétiennes.

La rue hébraïque de Cavaillon en 1898, fonds Jouve

Vue de la façade nord de la synagogue de Cavaillon Au nord, des fouilles récentes ont révélé, depuis la fin du Moyen-Age, la persistance d'une placette jouxtant la synagogue, dotée d'un puits – matérialisé au sol par un motif carré en pierres - qui conférait une certaine autonomie à la communauté. Une deuxième ouverture est pratiquée de ce côté-là au 18e siècle, presque en même temps qu'est prise la décision de reconstruire une synagogue.

A quoi ressemblait la première synagogue de Cavaillon qui s’élevait à l’emplacement de celle encore visible ? La tourelle au nord est-elle un vestige délibéré, peut-être la survivance de l'escalier à vis qui permettait de la distribuer ? Les superbes portes en bois polychrome du tabernacle, conservées au musée juif comtadin, suggèrent, par leur module, la restitution d’un volume plus modeste, l’équivalent en plan de celui de la boulangerie. Au 18e siècle, la communauté n'a jamais dépassé 200 personnes.

Façade nord de la synagogue de Cavaillon