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Si l'exceptionnel patrimoine juif conservé en Vaucluse et tout particulièrement à Cavaillon trouve ses origines dans la diaspora juive des premiers siècles de notre ère, c'est la protection ambivalente des papes (le Comtat Venaissin relève des Etats du Pape du 13e siècle à la Révolution française) qui va assurer la survie de communautés juives sur le territoire tout en les contraignant à des conditions de vie difficiles. Ils ne pouvaient par exemple exercer le métier qu'ils désiraient. Leur activité à Cavaillon se cantonnait bien souvent au commerce, à la friperie et à l'usure. En outre, selon le même principe du ghetto - de l'italien gettare- lieu où l'on jetait l'acier- la carrière, appellation provençale du ghetto mais n'ayant pas la même étymologie, maintenait la population juive de Cavaillon dans un espace exigü et coupé du reste de la population autochtone par une porte symbolisant bien la césure.
Le patrimoine juif comtadin se décline en synagogues, collections, bains rituels, cimetières, traces urbaines ténues comme à L'isle-sur-la-Sorgue ou bien affirmées comme à Cavaillon... A Cavaillon, Carpentras, L'isle-sur-la-Sorgue ou dans d'autres villes du Vaucluse (avant le regroupement des Juifs au sein des trois premières villes) comme dans les Etats du Pape à Avignon, des communautés juives ont pu survivre de la Renaissance à la Révolution française, à l'heure où la majorité des états européens les chassaient.
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Elles nous ont léguées un patrimoine tout à la fois qualitativement remarquable - telles les synagogues de Cavaillon et de Carpentras - mais aussi tout en subtiités, témoignage de la cohabitation de communautés de confession différente et d'assimilations culturelles inhérentes à ces contacts.
A Cavaillon, la Fondation Calvet, le Conseil général de Vaucluse et la Ville de Cavaillon sont associés dans la sauvegarde et la valorisation de ce patrimoine fragile.
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